23h05, samedi jour de meeting ajaccien pour François Hollande (potentiel futur président de la république). Après une nuit de pluie et d'orages que je n'ai pas entendu , le matin s'est réveillé gris et presque froid. L'après-midi était carrément à l'opposé du matin, chaud et beau. La fraicheur est revenue à la tombée du soleil.
Donc, François Hollande est venu à Ajaccio, devant 500 personnes sur la place Foch,pour dire des choses aux corses.
13 heures, pause déjeuner au grand café Napoléon,il est bizarre de voir des personnages troubles assister au repas du futur candidat Hollande. Mimi viola a déjeuné aux côtés de Paul Giacobbi. On sait que ce monsieur est l'éminence grise de l'ancien président du conseil général de Haute Corse. Que fera François Hollande s'il est élu? Nous débarrassera t-il de ces fossoyeurs de l'île? Pendant des années , ils ont monopolisé le terrain et empêché un développement économique qui aurait pu sauver notre jeunesse du désœuvrement. L'éducation est la cause du succès ou de l'échec:
Quand le pédagogue parle de "rendre l'élève actif", son adversaire fait mine de croire qu'il veut promouvoir le bricolage généralisé... alors qu'il s'agit, tout au contraire, d'insister sur l'importance des activités mentales et d'un vrai travail intellectuel. Quand le pédagogue parle de mettre en place des "travaux de groupe", son adversaire fait mine de croire qu'on abandonne les élèves à eux-mêmes, sans objectif ni consigne... alors qu'il s'agit, tout au contraire, de concevoir des dispositifs structurés, à partir d'apports individuels maîtrisés et selon des règles de fonctionnement minutieusement élaborées.
Et, quand le pédagogue évoque, comme il le fait systématiquement, "la construction de la loi" par les élèves, son adversaire fait mine de croire qu'il renonce à l'exercice de son autorité, alors que, tout au contraire, il l'affirme... Il l'affirme en définissant clairement un objectif d'apprentissage. Il l'affirme en mettant en place une situation structurée et en construisant les rituels qui permettent la focalisation et soutiennent l'attention des élèves. Il l'affirme en garantissant le cadre et, en étant attentif, au sein de celui-ci, à l'accompagnement de chacune et de chacun. Il l'affirme par son exigence obstinée et son souci du progrès de tous. Il l'affirme par une évaluation rigoureuse qui permet à l'élève de repérer ses erreurs et de les dépasser. Il l'affirme en assumant clairement sa fonction de transmission et de démocratisation de l'accès aux savoirs.
Mais cette "autorité" de l'enseignant n'est pas une capacité innée. Et, quoique l'expression fasse sourire ici ou là, il faut reconnaître qu'il s'agit bien d'un "art de faire" et que celui-ci se forme et se travaille tout au long de la carrière. C'est pourquoi la suppression de facto de toute formation pédagogique des enseignants dans le cadre de la réforme des Instituts Universitaires de Formation des Maîtres (IUFM) est une catastrophe. Privés de cette formation essentielle à l'exercice de leur autorité, les professeurs qui débarquent aujourd'hui dans les classes n'ont le choix qu'entre la dépression et la répression! Le rétablissement d'une formation pédagogique de deux années en alternance est, aujourd'hui, un impératif, non seulement pour les élèves, mais aussi pour les enseignants eux-mêmes. Comme est une priorité absolue la reconstruction d'une formation continue totalement sinistrée depuis plusieurs années.
Et, pour que la formation soit efficace, pour que les enseignants puissent exercer leur autorité sereinement dans une École apaisée, il faut réinstitutionnaliser nos établissements. En lieu et place de la juxtaposition d'enseignements inarticulés, pour lutter contre la fragmentation des horaires et des tâches, l'atomisation des relations et l'avachissement du cadre, il faut favoriser, partout où c'est possible, la constitution d'équipes d'enseignants prenant en charge ensemble un même groupe d'élèves bien identifiés. Il faut des « unités pédagogiques » à taille humaine où les adultes puissent, solidairement, incarner une institution, ses finalités et ses promesses ainsi que les contraintes nécessaires à son fonctionnement. C'est cela qui reconstruira l'autorité. La vraie.
Ainsi donc ceux qui dénoncent la crise de l'autorité sans en identifier les raisons font fausse route. Ils ne peuvent, quelles que soient leurs protestations de bonne foi par ailleurs, que recourir à l'exclusion pour maintenir un semblant d'ordre. Car, quand l'édifice s'écroule, on peut effectivement se contenter de nettoyer les abords et regarder les ruines avec la nostalgie d'un passé révolu... Ou l'on peut tenter de reconstruire une cohérence interne qui permettra à l'édifice d'accueillir plus et mieux, de garantir la qualité des activités qui s'y déroulent ainsi que la réussite de chacune et de chacun... C'est la situation de notre École aujourd'hui: "musée privé" ou "service public", elle est à la croisée des chemins.
L'autorité éducative n'est pas le problème des seuls enseignants et éducateurs. Sa crise ne renvoie ni à un complot "pédagogiste", ni à une fatalité sociologique; elle appelle, fondamentalement, un sursaut collectif: celui d'avoir ensemble le courage d'éduquer et de prendre, enfin, notre responsabilité à l'égard du futur. Il est temps.
« Le talent est un titre de responsabilité. »
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